Mardi 26 janvier 2010 2 26 /01 /2010 09:00

J'ai été très choqué, mardi dernier, lorsque le gouvernement a annoncé, contre toute attente, qu'Henri Proglio, le nouveau patron d'EDF, inaugurerait un cas de figure inédit et propice aux conflit d'intérêts : celui d'un patron de groupe public conservant à la fois des responsabilités et une rémunération auprès d'une entreprise privée cotée en bourse, en l'occurrence Véolia.


Cette double casquette et cette double rémunération, résultat d'un arbitrage de Nicolas Sarkozy, ont fait, à juste titre, scandale au cours d'une semaine politique improbable.

Voilà Christine Lagarde qui se trouvait soudain dans l'obligation de renier les engagements qu'elle avait pris en novembre dernier devant les sénateurs, lorsqu'elle promettait une rémunération unique pour Henri Proglio.

Voilà ensuite Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, qui s'empêtrait dans des explications confuses, accumulant les inexactitudes – pour ne pas dire les mensonges- quant aux salaires du prédécesseur d'Henri Proglio à EDF, quant au salaire d'Henri Proglio à Véolia et quant au classement du nouveau salaire du PDG d'EDF parmi les dirigeants du CAC 40 !


Saluons donc comme il se doit la volte-face de Nicolas Sarkozy et d'Henri Proglio face aux réactions et aux critiques qui s'accumulaient. La nouvelle est tombée : le nouveau patron d'EDF ne touchera finalement pas de rémunération en tant que président non exécutif de Véolia.


Pour autant, la reculade demeure incomplète car la double casquette subsiste, source de toutes les inquiétudes et de tous les soupçons. Ce cumul des fonctions, ce mélange des genres entre public et privé, contraire à tous les codes de bonne gouvernance, y compris ceux du Medef, a d'autant moins lieu d'être si Henri Proglio n'espère plus aucun salaire de Véolia. Il est donc plus que temps qu'il démissionne des responsabilités qu'il conserve auprès de cette entreprise cotée en bourse pour se concentrer pleinement sur sa nouvelle mission à la tête du groupe EDF.


La reculade sera alors complète et la dernière boulette en date d'un Nicolas Sarkozy décidément sans tabou appartiendra au passé. Tous les ministres pourront alors comme un seul homme saluer avec autant de sincérité que possible la clairvoyance et les bonne décisions d'Henri Proglio, à l'image de Christine Lagarde vendredi, décidément mise à rude épreuve cette semaine.


BK

Par Bertrand Kern - Publié dans : Nouvelles de la Sarkozie
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