
Je vais peut-être en surprendre certains en écrivant cela, mais je suis convaincu que la question de l'identité nationale est un sujet de débat tout à fait important, potentiellement utile et dans lequel la gauche peut trouver toute sa place.
Bien sûr, Eric Besson et Nicolas Sarkozy pensent nous entraîner dans un piège. Bien sûr, et l'opinion ne s'y est d'ailleurs pas trompée, il s'agit là de la part de la droite d'une manipulation aux motivations politiciennes et populistes, d'une manoeuvre censée fédérer son électorat et attirer vers l'UMP les sympathisants du Front National. Bien sûr le timing, à quelques mois des régionales, et le calendrier beaucoup trop court proposé par Eric Besson sont catastrophiques.
Je comprends bien que le gouvernement a la ferme intention de mener ce débat par le petit bout de la lorgnette, en le cantonnant à la question des politiques migratoires et d'intégration, en cherchant à faire croire que notre identité nationale se définit face à l'altérité, par exclusion face à un étranger qui nous menacerait.
Mais si la gauche rejette le débat, si elle refuse d'y prendre part, alors c'est sur cette base lacunaire qu'il sera mené et qu'il s'achèvera. Pendant quatre mois, nous subirons une communication gouvernementale aux relents nauséabonds, mettant à profit les moyens de l'Etat pour faire avancer la cause électorale de l'UMP.
Ce serait à mon sens une erreur car je suis convaincu que le piège qui nous est destiné peut se retourner contre messieurs Besson et Sarkozy. A nous de nous saisir du sujet qu'ils nous ont proposé avec désinvolture et de lui donner du sens, du relief et de la dignité. L'attitude à courte vue de la droite, ses méthodes et ses idées populistes et passéistes apparaîtront alors au grand jour.
Lorsque j'écris que l'identité nationale est un vrai sujet de débat, je veux dire qu'il me semble important, au crépuscule des idéologies et dans un contexte de mondialisation, de repenser la communauté de destin, le pacte social qui rassemble les Français. C'est en fait l'identité de notre République qu'il me semble nécessaire d'explorer et d'analyser. Quelles valeurs incarne-t-elle aujourd'hui et souhaitons-nous lui voir incarner ? Quel contrat social propose-t-elle à ses citoyens ? Quel espoir, quel projet peut renforcer les liens entre Français ?
Depuis sa naissance, il y a plus deux siècles, la force de notre République a été de proposer des valeurs fortes et un contrat social ambitieux, capable de favoriser et d'encourager l'intégration harmonieuse des vagues successives d'immigration qui ont été indispensables à la France et le seront encore dans l'avenir.
Aujourd'hui, ces valeurs et ce contrat social me semblent mises à mal. Mais pas par l'immigration, quelle soit ancienne ou récente ! Ce n'est pas l'immigration qui sape depuis des années la légitimité du modèle social français. Ce n'est pas l'immigration qui met à mal l'école publique ou les outils de la solidarité nationale, de la Sécurité sociale à la redistribution par l'impôt. Et ce n'est pas l'immigration qui abandonne à son sort la Seine-Saint-Denis ! C'est Nicolas Sarkozy ...
Alors, oui, je crois qu'il est important que les Français aient un débat pour mettre à plat ces questions et définir ensemble les valeurs et le bien commun qu'ils souhaitent maintenir, transformer ou promouvoir dans l'avenir. C'est en somme la question du vivre-ensemble qui se pose et non celle du vivre-contre-les-autres.
Si un danger guette aujourd'hui notre identité nationale, il me semble que c'est celui d'un déficit de sens, de perspective et de solidarité, ouvrant la voie à un sentiment d'abandon, d'isolement, de désespoir chez certains français, qui sont alors prêt à rejeter les symboles de notre République.
Si la gauche fait sienne cette quête de sens et s'inscrit ainsi, avec audace et ambition, dans le débat du ministre Besson, elle rendra possible un débat contradictoire, posant des questions cruciales pour notre avenir. Pendant que l'UMP, elle, tentera de séduire à courte-vue les électeurs de Jean-Marie Le Pen avec plus ou moins d'habileté, en stigmatisant l'immigration. Qu'avons-nous à y perdre ?
Eric Besson a entrouvert une boite de Pandore. Je pense que le Parti socialiste a tout à gagner à l'ouvrir bien plus largement. Il démontrera ainsi qu'il n'est ni ringard, ni angélique, qu'il est attaché aux symboles de la République mais que contrairement à la droite sarkozyste, il est aussi capable d'élever le débat et d'inscrire la question des politiques migratoires dans une problématique plus vaste et plus urgente, celle de l'avenir de notre contrat social.
BK
JUILLET
13 juillet : Bal des pompiers, 20h30, La caserne, 93 rue Cartier-Bresson
14 juillet : Fête nationale, feu d'artifice, pique-nique, bal avec orchestre, Stade Charles-Auray, 10 rue Candale.
Je travaille au sein du PS en ce qui me concerne sur la question du logement. Et nous fourmillons de proposition et d'idées... Ça n'intéresse pas les médias...trop intello? Pas assez médiatique? Pas assez polémique? Pas aassez gadget?
Trop sérieux sans doute pour un sujet sérieux qui intéresse tant de familles dans notre pays!
A vous relire
BK
Plus le complexe exercice de la volonté politique, la définition de son application forcément ac du décalage par rapport à l'idée première et la réalité et ce que cela va induire dans la vie des gens parfois très très longtemps après. Difficile équilibre à trouver entre information et démagogie...
Ségolène Royal continue de fonctionner dans la provocation et les sujets débattus sont inaudibles... Et Vincent Peillon tête baissée fonce dans le piège, il a mis trop de tps à se ressaisir + les médias s'acharnent à ne relayer que la suite de la série. Tout comme Claude Bartolone avec Valérie Pécresse lors de l'inauguration des anciens locaux de l'Illustré (cf son blog où il se sent outragé de sa "visite" impromptue alors qu'il y avait surement la possibilité de prendre un contre pied, dépasser le côté sanguin !). Ou encore Pierre Moscovici en plateau avec Eric Besson qui répond à la provocation du "meilleur militant ump" de l'année archi préparé à l'exercice télévisuel, qui est une arène dans laquelle il faut arrivé "équipé".
C'est toujours bien plus facile de ne relayer que les querelles de marelles, comme une feuilleton, on sait où on l'a laissé, on attend la suite ac impatience...
Mais on peut penser que tant que la question du leadership du PS.. ne sera pas réellement tranchée tous ceux qui s'estiment prétendants à la candidature auront une faim de loup. Leurs hurlements à l'aide des courants fascinent, distraient et surtout retardent la reconstruction en chantier depuis la fin de l'ère Mitterrand ; l'avenir sombre se profilait flouté puisque les socialistes étaient "aux affaires" et la conjoncture autre.
Métier très complexe que celui de maire issue d'une grande famille politique, mais les efforts réalisés et à venir en matière de logement et d'urbanisme sur la ville sont très positifs et sur du long terme. Et en espérant qu'il n'y aura pas de bascule dans une imagerie d'Epinal.