
Il y a une semaine, l'Union européenne s'est dotée de deux visages, en conformité avec le Traité de Lisbonne, qui entrera en vigueur le 1er décembre prochain. Au terme d'une négociation éclair ont été désignés – et non élus - le belge Herman Van Rompuy, comme Président du Conseil européen et la britannique Catherine Ashton, en tant que Haute représentante à la politique extérieure.
On pourra saluer dans cette désignation une forme de respect, indéniable et louable, de la parité hommes-femmes. Mais au delà, ces deux choix me semblent malheureusement constituer un nouveau rendez-vous manqué pour l'Europe politique et pour l'Europe démocratique. Plus grave, j'ai le sentiment que cet échec a été volontaire et organisé.
Que pouvait-on espérer de l'émergence de ces deux nouvelles figures institutionnelles ? Qu'elles incarnent l'Union, qu'elles lui donnent un visage humain, auquel les citoyens auraient pu davantage s'identifier. Mais aussi qu'elles puissent exercer ce rôle de leadership politique et diplomatique qui fait cruellement défaut à l'UE.
Du point de vue démocratique, une élection, voire une désignation transparente aurait été de bon aloi. De telles procédures auraient eu le mérite d'asseoir la légitimité des tout nouveaux responsables et de permettre un débat au sein de l'Union. Elles auraient supposé des déclarations de candidature, une forme de campagne, des professions de foi, donnant avoir un point de vue et des idées sur l'avenir de l'Union ...
Or force est de constater que rien de tout cela n'a vu le jour. Au contraire, les citoyens européens ont été mis face au fait accompli d'une négociation opaque à l'issue de laquelle les rares candidats déclarés sont sortis défaits (Blair, Juncker, Vike-Freiberga). Nous ne savons pas grand chose de l'idée que se fait de l'Europe Van Rompuy. Et dans le cas de Catherine Ashton, nouvelle voix de la politique extérieure de l'Union, nous savons seulement ... qu'elle n'a jamais été diplomate.
Clairement, ce n'est pas pour jeter des ponts entre citoyens et institutions qu'ils ont été choisis. De ce point de vue, il ne me semble d'ailleurs pas insignifiant de constater qu'une semaine après cet événement important, on ne parle déjà plus de ce duo bien pâle.
Mais alors, ce choix bien peu démocratique a t-il été dicté par la volonté de renforcer et rendre plus efficaces les institutions de l'Europe ? J'en doute. Car voilà, bien que n'ayant rien de personnel contre Van Rompuy et Ashton, je ne peux que constater que leur vertu première est de ne faire de l'ombre à personne. Ils n'ont ni le charisme, ni l'expérience, ni la légitimité pour remettre en question les prérogatives de l'intergouvernementale des chefs d'Etat, ou même pour peser sur les choix de la Commission européenne et de son président Barroso.
Tout se passe comme si au moment de donner à l'Europe un visage, les chefs de l'Etat de l'Union avaient préféré faire en sorte qu'elle reste inaudible. Comme si ces acteurs institutionnels nouveaux avaient été voulus morts-nés, immédiatement banalisés et durablement affaiblis.
Le texte du Traité de Lisbonne est si vague quant aux nouvelles prérogatives qu'il crée qu'il était clair que les premiers occupants de ces fonctions allaient largement définir leur étendue. D'où l'importance de ces premières nominations et leur caractère significatif, laissant à penser que non, l'Europe politique n'a pas fait un pas de géant vendredi dernier.
Je ne peux que le regretter et espérer que Van Rompuy et Ashton se révèlent surprenants, y compris pour leurs anciens soutiens, en parvenant à donner de l'envergure et du sens à leurs nouvelles fonctions.
Il y a une semaine, l'Union européenne s'est dotée de deux visages, en conformité avec le Traité de Lisbonne, qui entrera en vigueur le 1er décembre prochain. Au terme d'une négociation éclair ont été désignés – et non élus - le belge Herman Van Rompuy, comme Président du Conseil européen et la britannique Catherine Ashton, en tant que Haute représentante à la politique extérieure.
On pourra saluer dans cette désignation une forme de respect, indéniable et louable, de la parité hommes-femmes. Mais au delà, ces deux choix me semblent malheureusement constituer un nouveau rendez-vous manqué pour l'Europe politique et pour l'Europe démocratique. Plus grave, j'ai le sentiment que cet échec a été volontaire et organisé.
Que pouvait-on espérer de l'émergence de ces deux nouvelles figures institutionnelles ? Qu'elles incarnent l'Union, qu'elles lui donnent un visage humain, auquel les citoyens auraient pu davantage s'identifier. Mais aussi qu'elles puissent exercer ce rôle de leadership politique et diplomatique qui fait cruellement défaut à l'UE.
Du point de vue démocratique, une élection, voire une désignation transparente aurait été de bon aloi. De telles procédures auraient eu le mérite d'asseoir la légitimité des tout nouveaux responsables et de permettre un débat au sein de l'Union. Elles auraient supposé des déclarations de candidature, une forme de campagne, des professions de foi, donnant avoir un point de vue et des idées sur l'avenir de l'Union ...
Or force est de constater que rien de tout cela n'a vu le jour. Au contraire, les citoyens européens ont été mis face au fait accompli d'une négociation opaque à l'issue de laquelle les rares candidats déclarés sont sortis défaits (Blair, Juncker, Vike-Freiberga). Nous ne savons pas grand chose de l'idée que se fait de l'Europe Van Rompuy. Et dans le cas de Catherine Ashton, nouvelle voix de la politique extérieure de l'Union, nous savons seulement ... qu'elle n'a jamais été diplomate.
Clairement, ce n'est pas pour jeter des ponts entre citoyens et institutions qu'ils ont été choisis. De ce point de vue, il ne me semble d'ailleurs pas insignifiant de constater qu'une semaine après cet événement important, on ne parle déjà plus de ce duo bien pâle.
Mais alors, ce choix bien peu démocratique a t-il été dicté par la volonté de renforcer et rendre plus efficaces les institutions de l'Europe ? J'en doute. Car voilà, bien que n'ayant rien de personnel contre Van Rompuy et Ashton, je ne peux que constater que leur vertu première est de ne faire de l'ombre à personne. Ils n'ont ni le charisme, ni l'expérience, ni la légitimité pour remettre en question les prérogatives de l'intergouvernementale des chefs d'Etat, ou même pour peser sur les choix de la Commission européenne et de son président Barroso.
Tout se passe comme si au moment de donner à l'Europe un visage, les chefs de l'Etat de l'Union avaient préféré faire en sorte qu'elle reste inaudible. Comme si ces acteurs institutionnels nouveaux avaient été voulus morts-nés, immédiatement banalisés et durablement affaiblis.
Le texte du Traité de Lisbonne est si vague quant aux nouvelles prérogatives qu'il crée qu'il était clair que les premiers occupants de ces fonctions allaient largement définir leur étendue. D'où l'importance de ces premières nominations et leur caractère significatif, laissant à penser que non, l'Europe politique n'a pas fait un pas de géant vendredi dernier.
Je ne peux que le regretter et espérer que Van Rompuy et Ashton se révèlent surprenants, y compris pour leurs anciens soutiens, en parvenant à donner de l'envergure et du sens à leurs nouvelles fonctions.
BK
JUILLET
13 juillet : Bal des pompiers, 20h30, La caserne, 93 rue Cartier-Bresson
14 juillet : Fête nationale, feu d'artifice, pique-nique, bal avec orchestre, Stade Charles-Auray, 10 rue Candale.
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