Vendredi 29 janvier 2010
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Une nouvelle fois, Georges Frêche a dépassé les bornes par les propos qu'il a tenu à l'égard de
Laurent Fabius, repris mercredi dans les colonnes de l'Express. En déclarant que "Voter pour ce mec en Haute-Normandie me poserait un problème : il a une tronche pas catholique", il a commis le
dérapage de trop.
Dans la bouche d'un élu, les mots doivent avoir un sens et ceux du président sortant de la région
Languedoc-Roussillon traînent dans leur sillage des relents antisémites aussi manifestes qu'inacceptables.
Je suis aujourd'hui convaincu que le maire-bâtisseur qui a remarquablement transformé Montpellier a
désormais cédé la place à un vieux monsieur aigri et colérique, ne maîtrisant plus ses propos et ne s'inscrivant plus dans le débat public que sur le mode du scandale et de
l'insulte.
Par ses déclarations fracassantes et nauséabondes, il piétine des valeurs essentielles pour le Parti
socialiste, celles de la tolérance, de la lutte contre le racisme et l'antisémitisme. C'est pourquoi je soutiens pleinement la volonté sans équivoque de Martine Aubry de retirer le soutien du PS
à la liste dont Georges Frêche a pris la tête en vue des élections régionales.
Comme elle, je suis convaincu que la région Languedoc-Roussillon mérite mieux que cet individu au
crépuscule de sa carrière politique, qui refuse obstinément, contre tout bon sens, de prendre du recul.
Je pense qu'Hélène Mandroux, la maire de Montpellier, peut incarner ce renouveau et j'encourage tous
les socialistes languedociens à se ranger à ses côtés sur une liste autonome en vue des régionales, avec ou sans accord avec les autres formations de gauche.
Peut-être un tel choix coûtera-t-il la région à notre parti ... Mais cette défaite potentielle n'est
pour l'heure qu'une possibilité, pas une certitude. Elle représente à mon sens un risque qui mérite d'être pris pour défendre nos valeurs, par delà tous les enjeux électoraux.
Parfois, le courage politique consiste à accepter la possibilité du sacrifice pour se donner les
moyens de changer les choses. J'appelle tous les socialistes à un tel courage pour parvenir dans les prochaines semaines à tourner la page Georges Frêche en
Languedoc-Roussillon.
BK
Par Bertrand Kern
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Publié dans : Actualités
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