Entre l'Etat central et les collectivités territoriales, j'ai le sentiment qu'une nouvelle relation voit le jour et s'amplifie, ce que je
désapprouve vivement.
La logique du pouvoir en place consiste en effet à prendre des décisions nationales, à forte visibilité médiatique, mais dont le
financement et la responsabilité incombent systématiquement aux collectivités territoriales.
Plan vigipirate, plan canicule, instruction des permis de construire, enlèvement des épaves de véhicules, transfert du RMI au Conseil Général,
service minimum dans les écoles, les exemples ne manquent pas ... On se donne bonne conscience au niveau national mais la charge et la mise en oeuvre reviennent aux collectivités.
C'est cette dynamique, cette stratégie, cette méthode que je qualifie de nouvelle comédie du pouvoir, au moment même où nous apprenons que la
progression des dotations de l'Etat aux collectivités sera en 2009 inférieure à l'inflation.
Nous avons affaire à un gouvernement guidé par une vision purement comptable, au nom de laquelle il ne protège plus mais détruit, sans
bulldozer mais en ne respectant pas ses engagements, en retirant ses financements et en fermant les services publics de proximité. En province, cela signifie des fermetures d'hôpitaux, de gares
ferroviaires, de trésoreries, de postes, de tribunaux et maintenant de casernes. Certes le gouvernement a beau jeu de répondre que la carte militaire, la carte hospitalière ou la carte judiciaire
n'ont pas pour vocation prioritaire l'aménagement du territoire. Il n'empêche que quand ces structures ferment leurs portes, un désaménagement a lieu de fait, qui met en péril les territoires
concernés.
Le service public d'Etat me semble se paupériser jour après jour, de manière souvent arbitraire, impliquant fort peu de concertations avec les
élus locaux, qui se retrouvent au final dans l'obligation d'assumer eux-même le financement de services à la population jugés indispensables.
Lorsque l'Etat cesse ainsi de remplir ses engagements vis à vis des Plans locaux d'insertion par l'emploi, qu'il a pourtant à l'origine appelés
de ses voeux, ce sont les communes concernées qui versent une subvention exceptionnelle, comme nous avons du le faire à Pantin pour la deuxième année consécutive, en compagnie des Lilas et du
Pré-Saint-Gervais. Lorsque notre constat répété d'un déficit chronique de 20 à 25 agents de Police nationale ne reçoit aucune réponse, c'est la ville de Pantin qui crée une Police
municipale dotée d'un nombre équivalent d'agents.
Le gouvernement doit écouter les élus locaux, dont l'exaspération va croissante, quelle que soit d'ailleurs leur sensibilité politique, au vu
des récentes déclarations de Jacques Pélissard, maire UMP de Lons-le-Saunier et président de l'Association des Maires de France.
Il est urgent que soit abandonnée une attitude qui confine au mépris, vis à vis des collectivités territoriales.
Et il serait très inquiétant de voir continuer à s'amplifier la stratégie de Nicolas Sarkozy, consistant à faire peser sur les élus locaux la
charge de sa politique de rigueur ... pendant que l'Etat distribue les paquets fiscaux à ceux qui n'en ont nul besoin.
BK
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