Samedi 3 mai 2008
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Pour la deuxième année consécutive, la rentrée scolaire de septembre est la source d'une inquiétude et d'une indignation légitimes parmi les
enseignants, les parents d'élève et les élèves de l'Education Nationale.
Alors que la rentrée 2007 a vu la suppression de 11000 postes, 11200 nouvelles suppressions sont annoncées pour 2008, dans le cadre de
l'objectif gouvernemental de réduction des effectifs de fonctionnaires.
Bien qu'il se refuse toujours à employer le terme de rigueur, le gouvernement a manifestement fait son choix, face à deux priorités en conflit
: la priorité donné au dossier éducatif ou la volonté de parvenir à des économies budgétaires.
Cet arbitrage, malheureusement loin d'être inattendu, met en péril la mission de service public que remplit l'Education Nationale.
Le ministère le justifie comme l'adaptation à une évolution démographique du nombre des élèves inscrits dans nos écoles, collèges et lycées.
Pour justifier un tel nombre de suppressions, l'argument semble contestable et s'avère d'ailleurs largement contesté par les syndicats enseignants.
Que des ajustements ponctuels soient nécessaires est une évidence. Mais il ne s'agit pas de cela ici, lorsque l'on demande aux enseignants de
faire mieux avec toujours moins d'effectifs, lorsqu'on fait ensuite massivement appel à des contractuels, maîtres auxiliaires précarisés et non formés ou listes complémentaires du concours de
l'IUFM. Les heures supplémentaires ne sont pas davantage une solution systématique, dans un contexte qui ne se prête pas à leur généralisation ou à leur massification. Et que dire lorsqu' on en
arrive a solliciter le retour à l'emploi de jeunes retraités, comme cela a été le cas en février dans l'Académie de Créteil ou aujourd'hui dans celle d'Ille-et-Vilaine...
Maire de Pantin, je connais le caractère crucial du rôle joué par le service public d'éducation pour offrir un avenir à des jeunes à qui la vie
n'a pas toujours souri. Je connais les difficultés innombrables auxquelles sont confrontés les enseignants, qui pourtant jouent un rôle décisif dans la construction et le maintien d'un
vivre-ensemble, rôle qui étend ses effets au delà des murs de l'établissement scolaire.
Choisir de calibrer les moyens et les effectifs au plus juste n'est pas la solution. L'école n'est pas une entreprise soumise à l'impératif de
productivité le plus basique. L'école a besoin de temps, de disponibilité et d'un climat de calme et de confiance, où les enseignants ne commencent pas à se demander dès janvier quelle sera
l'étendue de la dégradation de leurs conditions de travail l'année suivante.
C'est pourquoi j'apporte mon soutien franc et massif aux mouvements de contestation qui voient le jour actuellement, à Pantin, en
Seine-Saint-Denis et dans toute la France. Il est crucial que le gouvernement entende leurs revendications et ne privilégie pas une stratégie de passage en force, mu par son hostilité idéologique
aux agents de la Fonction Publique et par la nécessité de rattraper les choix budgétaires désastreux de l'été dernier.
L'école publique est l'outil majeur dont nous disposons pour construire l'avenir, quelle que soit l'estime que voue Nicolas Sarkozy aux curés.
Il est inacceptable que l'avenir soit sacrifié sur l'autel d'une rigueur qui ne dit pas son nom, pour compenser les cadeaux distribués l'été dernier à ceux dont l'avenir est déjà
soyeux.
BK
Par Bertrand Kern
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Publié dans : Actualités
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