Samedi 6 mars 2010 6 06 /03 /2010 20:12

Force est de constater que la place du président vis à vis de la campagne pour les élections régionales est pour le moins ambiguë et changeante, au gré de la conjoncture politique.


En fin d'année 2009, il semblait vouloir nationaliser le scrutin régional. Mais le 25 janvier 2010 il donnait l'impression de vouloir enfin se comporter en Président, déclarant fermement sur TF1 que Non ! Le rôle du président de la République n’est pas de faire campagne pour les présidents de région”. Il s'agissait alors de démontrer face à un panel de Français que Nicolas Sarkozy avait changé, que l'omniprésident hyperactif pouvait se comporter avec mesure, prendre du recul et respecter les institutions de la Vème République. Certains commentateurs imaginaient alors l'émergence d'un Président plus calme, capable de limiter son exposition et ses prises de parole pour leur redonner du sens, après avoir saturé pendant trois ans l'espace médiatique jusqu'à susciter la défiance et l'écœurement.


Seulement voilà, la campagne de l'UMP pour les élections régionales patine depuis des semaines. Ses candidats dérapent à intervalles réguliers, quand ils ne s'invectivent pas publiquement. Dans ces conditions, la façade de calme et de distance érigée à la va-vite par les conseillers du Président pour faire évoluer son image se fissure. Et c'est donc la rechute.


Le voilà donc en février sillonnant la France en toute simplicité, enchainant les discours plein de promesses tenus devant des publics opportuns et bien ciblés : DOM-TOM, Corse, monde rural, fonctionnaires, acteurs de l'industrie.

Tous ces discours thématiques n'ont, paraît-il, pas de rapport avec la campagne des régionales. Non il s'agit simplement pour le Président, en ce mois de février 2010, de faire connaître d'urgence sa vision de l'avenir sur chacune de ces thématiques. S'agit-il d'une heureuse coïncidence lorsqu'il s'avère que ces discours permettent au Président de saluer des candidats UMP ? Assurément.

Mais les coïncidence sont alors fréquentes. En trois semaines, le Président est parvenu à soutenir publiquement les candidats UMP de Cayenne, de La Réunion, de la région Centre, de la région PACA et de la région Picardie, tout en prenant le temps de tenir une réunion devant 600 militants UMP.


La palme de l'ingérence du Président dans la campagne électorale a eu lieu la semaine dernière, en Ile-de-France, lorsque Nicolas Sarkozy a jugé bon de rassembler Valérie Pécresse et tout son état-major pour une séance de coaching de dernière minute La campagne de Valérie Pecresse manquait de direction ? Elle a visiblement trouvé son directeur.


Ce faisant, Nicolas Sarkozy prend le risque de nationaliser à nouveau la campagne des régionales. Des rumeurs courent même quant à un entretien présidentiel prévu dans Le Figaro le 13 mars prochain, à la veille des élections régionales.


Ce serait du jamais vu mais je ne suis pas certain que l'UMP ait grand chose à gagner à ce soutien, voire à cette mise sous tutelle, comme dans le cas de Valérie Pécresse. En s'associant à la campagne régionale, Nicolas Sarkozy multiplie simplement, à mes yeux, les raisons de choisir les listes de gauche.


Il offre en effet aux électeurs l'opportunité d'un vote doublement significatif : les 14 et 21 mars prochain, voter pour la gauche et le Parti Socialiste permettra d'infliger un camouflet au Président chef de parti, tout en faisant le choix d'un avenir ambitieux, région par région.

Pourquoi résister ?


BK
 

Par Bertrand Kern - Publié dans : Carnets de campagne
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Jeudi 4 mars 2010 4 04 /03 /2010 09:35
Depuis quelques semaines, les sondages relatifs aux élections régionales des 14 et 21 mars prochains laissent présager des résultats favorables à la gauche et plus particulièrement au Parti Socialiste dans bon nombre de régions. Ces études d'opinion représentent bien sûr un indicateur très positif à quelques semaines du scrutin.
Elles témoignent du fait que notre parti propose une campagne de terrain de qualité, répondant aux grands enjeux régionaux, loin des coups bas et des polémiques privilégiés ces derniers jours par l'UMP. Elles reflètent la qualité des bilans des présidents de région sortants et la volonté de bon nombre d'électeurs de les voir poursuivre leur travail aux commandes des exécutifs régionaux. Elles illustrent enfin la dynamique retrouvée du Parti socialiste au plan national, fruit d'un an de travail efficace de Martine Aubry et de la nouvelle direction issue du Congrès de Reims.

Mais de tels sondages, si encourageants et porteurs d'espoir soient-ils, ne sont pas exempts de risques et demandent à être interprétés avec prudence, loin de tout excès de confiance.
Un sondage ne représente, dans le meilleur des cas, qu'une éphémère photographie de l'opinion et c'est dans les urnes, dans un scrutin à deux tours, que se jouera l'avenir de nos régions. Ce n'est qu'au soir du 21 mars que des conclusions pourront être établies quant aux progrès de la gauche et au désaveu infligé à Nicolas Sarkozy par les électeurs. Il est donc crucial que les études d'opinion dont les médias nous abreuvent ces jours-ci n'aient pas pour conséquence une forme de démobilisation, alors que s'ouvre ces jours-ci la campagne officielle. Les semaines à venir doivent au contraire à mon sens donner lieu à une mobilisation accrue, pour que nos programmes et nos arguments touchent et convainquent toujours davantage de citoyens, de manière à faire reculer l'abstention et à confirmer les intuitions des sondages.

Les 14 et 21 mars, chaque voix comptera pour rendre possible une victoire de la gauche dans le plus grand nombre possible de régions, permettant à ces collectivités de poursuivre et d'amplifier leurs efforts pour proposer sur le terrain local une autre politique que celle que mènent Nicolas Sarkozy et le gouvernement. Mais ce succès espéré, crucial au plan local, se dotera en outre d'une résonance nationale si la victoire s'avère non seulement générale mais aussi massive. De ce point de vue aussi, chaque voix comptera, pour qu'un message clair et indéniable soit adressé à la majorité présidentielle.
Parce que chaque vote aura son importance, je me permets d'attirer l'attention de chacun sur la procédure de vote par procuration, parfois mal connue mais qui peut permettre de se prémunir contre une abstention involontaire.

Voter par procuration n'est ni difficile, ni compliqué. Le vote par procuration peut concerner tout électeur qui serait en vacances ou en déplacement professionnel à la date du scrutin, qui ne pourrait se déplacer du fait de son état de santé ou de celui d'un proche à sa charge ou qui serait inscrit sur les listes électorales d'une commune distante de son lieu de résidence.
En établissant sa procuration, l'électeur donne pouvoir à un autre électeur de le représenter, et d'être son mandataire le jour du scrutin. Ce mandataire doit être inscrit dans la même commune (mais pas nécessairement dans le même bureau de vote) et n'a le droit de recevoir qu'une seule procuration.
La procédure de procuration est gratuite et s'effectue au commissariat de police ou au tribunal d'instance du lieu de résidence ou de travail de l'électeur. La seule pièce à fournir est un justificatif d'identité mais il convient aussi de se doter d'informations de base concernant le mandataire (nom, adresse exacte, date et lieu de naissance).
En théorie, une procuration peut-être établie la veille du scrutin mais pour qu'elle soit utilisable, il est important de tenir compte des délais d'acheminement de la procuration vers la mairie de vote. Un délai de cinq jours est donc généralement recommandé.
Naturellement, le fait d'établir une procuration n'interdit en rien de voter si, au final, l'électeur en a la possibilité, son motif d'empêchement s'estompant pour une raison ou une autre.
La procuration peut donc être considérée comme une précaution, permettant à chacun d'être certain de pouvoir exprimer sa voix dans le cadre du suffrage universel.

Encore une fois, chaque vote comptera, les 14 et 21 mars prochains. Je vous encourage donc toutes et tous à effectuer cette démarche citoyenne si vous l'estimez nécessaire.

BK

Par Bertrand Kern - Publié dans : Carnets de campagne
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Lundi 1 mars 2010 1 01 /03 /2010 18:10
Le 19 février dernier, j'étais l'invité de la rédaction de TVM est parisien. Je vous propose de prendre connaissance de cette interview télévisée au cours de laquelle ont été évoqués la création, le fonctionnement et l'avenir d'Est ensemble, notre communauté d'agglomération.

Bon visionnage !

BK



Par Bertrand Kern - Publié dans : A Pantin et en Seine-Saint-Denis
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Samedi 27 février 2010 6 27 /02 /2010 12:59

Le passage de Xavier Darcos au ministère de l'Education Nationale a laissé le souvenir d'un ministre inflexible, déterminé à ne pas prêter la moindre attention aux avis ou revendications des enseignants, à mon grand regret. Mais je constate que cette attitude semble avoir rapidement évolué depuis son transfert au ministère du Travail, du moins en ce qui concerne ses relations avec les directions d'entreprises.


Jeudi dernier, le ministre entendait ainsi rappeler « sa détermination à lutter contre le stress au travail ». Comment ? En poussant les entreprises de plus de 1000 salariés à entamer des négociations internes sur la souffrance au travail. Il s'agissait d'employer la technique du « name and shame » d'inspiration anglo-saxonne, consistant à mettre à l'index les mauvaises pratiques des grandes entreprises, dans l'espoir que le risque porté à leur réputation et à leur marque les incite à évoluer.


Jeudi, le ministre rendait donc publiques sur le site Web du ministère des listes d'entreprise, verte, orange ou rouge, selon le degré d'efforts déployé pour mener des discussions sur le stress au travail. Sur la liste verte figurait 293 noms d'entreprises ayant négocié un « accord de méthode » avec les syndicats sur la souffrance au travail. Ces bons élèves contrastaient avec les 514 entreprises figurant sur la liste orange, regroupant les firmes ayant entamé des négociations sans les achever. Quant à la liste rouge, elle comptait 652 entreprises, n'ayant rien fait ou ne s'étant pas donné la peine de répondre aux sollicitations du ministère.


La presse parlait vendredi de cartons rouges distribués aux entreprises et la communication de Xavier Darcos aurait peut-être été un succès si ... dans la nuit, les listes orange et rouge n'avait pas été tout bonnement retirées, suite à des appels répétées des entreprises concernées, qui n'appréciaient pas le procédé.


C'est ce que l'on appelle une reculade de premier ordre, que les services du ministre tentaient de justifier par des engagements pris verbalement par les mauvais élèves. Mais à mon sens, de telles promesses ne pourraient justifier, et encore, qu'une migration du rouge vers le orange, dans l'attente de traductions concrètes.


Non, l'explication sent le gros mensonge, pour sauver la face malgré une volte d'envergure. En conséquence, le message a du être clair pour les entreprises : il y a bien deux poids et deux mesures avec Xavier Darcos : on ne traite pas les chefs d'entreprise comme des enseignants. Nul besoin de manifester pour les insatisfaits des listes rouge et orange, un coup de téléphone suffit et le ministre plie, sa « détermination » l'abandonnant.


Pschitt !

BK

Par Bertrand Kern - Publié dans : Actualités
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Jeudi 25 février 2010 4 25 /02 /2010 18:43

Depuis vendredi, la campagne électorale pour les élections régionales en Ile-de-France a pris un tour tout à fait regrettable, qui m'a proprement estomaqué et énormément déçu. Certes, depuis le début de la campagne, les arguments des candidats UMP ne brillent ni par l'élégance, ni par l'honnêteté intellectuelle.

Mais vendredi, l'UMP du Val d'Oise a dépassé les bornes, choisissant d'illustrer par la pratique ce qu'est une campagne de caniveau, à mille lieux du débat d'idées que l'on souhaiterait voir s'épanouir jusqu'au scrutin régional. Ce jour là, deux élus valdoisiens ont porté des des accusations d'une extrême violence contre Ali Soumaré, tête de liste du PS dans ce département. Le voilà soudain affublé du qualificatif de "délinquant multirécidiviste chevronné" dans les communiqués de presse que les maires de Franconville (Francis Delattre) et de Saint-Leu-la-Forêt (Sébastien Meurant) ont jugé opportun de diffuser à grande échelle.


Un véritable mode d'emploi de la campagne nauséabonde. L'attaque est tout d'abord personnelle, visant à nuire au camp adverse en jetant l'opprobre sur la personnalité d'un candidat. Elle est qui plus est mal documentée, les maires UMP se refusant à apporter les preuves indispensables pour étayer les accusations qu'ils avancent. Et pour cause, puisqu'il semble que les éléments d'information compilés par Francis Delattre et Sébastien Meurant quant au dossier judiciaire, réel ou erroné, d'Ali Samouré, ont été collectés de manière illégale. Rappelons que se procurer le casier judiciaire d'un citoyen est un délit et que la police n'a aucunement le droit de communiquer à tout un chacun les informations qu'il contient, pas davantage que les fiches STIC contenues dans le fichier central de la police.


Mais ce type de détails, l'UMP du Val d'Oise ne s'en est pas embarrassée tout comme elle a manifestement jugé superflu de vérifier l'authenticité des informations qu'elle a obtenues illégalement. Que voulez-vous, ces maires et leurs collaborateurs ne sont pas des journalistes mais des détectives amateurs, des pieds nickelés saisis par une soudaine urgence à calomnier. En conséquence, ils ne se sont pas rendus compte que parmi les cinq « condamnations » qu'ils reprochaient à Ali Soumaré, deux d'entre elles, les plus graves, concernaient ... un homonyme ! Ils n'ont pas non plus eu le temps de réfléchir au fait qu'il pouvait sembler suspicieux qu'ils soient informé avant Ali Soumaré d'une« ordonnance pénale du 16 février 2010 » à son nom, qui n'est en rien publique.

Restent deux affaires qu'Ali Soumaré ne remet pas en question mais qui peinent à justifier à elles seules le qualificatif de "délinquant multirécidiviste chevronné". L'une concerne des faits remontant à plus de dix ans, un vol de walkman et une bagarre pour lesquels le candidat socialiste, âgé de 18 ans à l'époque, a désormais été réhabilité. L'autre date d'octobre 2009 et il s'agirait d'un jugement pour des faits de rébellion à agents de la force publique, qui n'a apparemment pas été signifié à Ali Soumaré. Comment les deux maires UMP ont-ils, eux, été informés de ce jugement dont le candidat socialiste a fait appel lundi, comme le droit l'y autorise ? Mystère.


Alors voilà, parfois les détails ont leur importance. Ils auraient pu permettre d'éviter de traîner injustement dans la boue un jeune homme qui ne le mérite pas. Ils auraient pu inciter ces élus locaux à ne pas forger un pléonasme tapageur mais ridicule ( « multirécidiviste chevronné » ? Et pourquoi pas aussi récurrent, professionnel ou que sais-je encore ?) pour lui nuire.


Certes, ils pourront arguer du fait que d'autres élus UMP partagent leur goût pour la diffamation, comme le député du Val d'Oise Axel Poniatovski qui samedi dernier a réussi l'exploit de les soutenir et de calomnier dans le même temps la socialiste Michèle Sabban, accusant la tête de liste socialiste dans le Val-de-Marne d'avoir été condamnée par la justice dans une affaire pour laquelle elle a justement été relaxée.


Les trois élus auront heureusement à répondre de leurs actes devant la justice, des plaintes en diffamation ayant été déposées par Ali Soumaré et Michèle Sabban. Il est important que toute la lumière sur leur démarche et ses modalités potentiellement illégales. Les excuses publiques de Francis Delattre sont certainement bienvenues et indispendables. Mais elles ne sont pas pour autant suffisantes.


Quelles étaient leurs motivations ? Je ne parviens pas à me les expliquer. Dans le cas de Francis Delattre, peut-être s'agit-il d'une attaque purement personnelle. Le maire de Franconville s'était déjà couvert de ridicule en janvier dernier, après avoir tenu des propos lamentables sur Ali Soumaré, en le comparant ironiquement à un « joueur de l'équipe réserve du PSG »... Peut-être a-t-il conservé de cet épisode un antagonisme vis à vis du jeune homme ?


Au delà, je ne me livrerai à aucune hypothèse. J'espère simplement qu'il ne s'agit pas d'une offensive validée ou approuvée par l'UMP au niveau régional. Ce parti serait alors tombé bien bas, si sa campagne le désespère au point de le pousser à recourir à de telles méthodes, pour glaner quelques voix d'extrême-droite en stigmatisant un candidat issu de la diversité.

 

BK

Par Bertrand Kern - Publié dans : Actualités
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Lundi 22 février 2010 1 22 /02 /2010 09:07
J'aimerais vraiment croire à la sincérité de Luc Chatel, lorsqu'il propose des Etats-Généraux de la sécurité en milieu scolaire, en réponse aux revendications des enseignants de l'académie de Créteil, exprimant leur ras-le-bol et leurs inquiétudes à la suite d'incidents récents et violents dans les enceintes de collèges.

Je n'exclue pas que ces Etats-Généraux puissent s'avérer utiles, s'ils permettent d'avoir un débat public et de rassembler les forces vives et les expertises issues de tous les horizons. Peut-être seront-nous alors, par exemple, enfin en mesure de disposer de statistiques fiables quant aux violences scolaires, ce qui n'est pas le cas à l'heure actuelle. Le débat et la réflexion concertée n'ont jamais fait de mal, bien que le gouvernement y répugne en règle générale, lui qui nous a habitué à imposer ses réformes d'abord et à consulter ensuite.

Pour autant, je suis convaincu qu'un tel « Grenelle » ne résoudra pas l'essentiel des difficultés que connaît notre service public d'éducation, dès lors qu'il ne remettra pas en question la logique d'économie budgétaires qui prive chaque année davantage nos établissements des personnels d'encadrement et d'enseignement qui leur seraient indispensables pour fonctionner correctement.

Les incidents des dernières semaines, impliquant des jeunes extérieurs aux établissements dans des violences graves, sont inacceptables. Mais ils ne représentent que la partie émergente d'un iceberg de problèmes considérables, dont les enseignants, les parents d'élèves et les élus locaux se font l'écho avec un désarroi croissant, face à un ministre qui leur répond par la surdité, l'immobilisme, le mépris et, désormais, ce qui ressemble fort à une diversion.

Car comment interpréter autrement une proposition d'Etats-Généraux dans près de deux mois, excluant dors et déjà de leur périmètre de réflexion la problématique cruciale des suppressions de postes ? Comment ne pas voir dans cette initiative une volonté de suspendre à peu de frais un mouvement de grève qui s'étend et qui pourrait bien reprendre après les vacances ? Comment ne pas soupçonner une tentative de botter en touche, à quelques semaines des élections régionales ?

J'espère me tromper mais l'initiative de Luc Chatel me semble aussi tardive qu'improvisée. Elle me semble répondre à une évolution de l'opinion publique, bien plus qu'aux revendications des enseignants, vis à vis desquels le ministre fait preuve d'un mépris persistant et déconcertant.

Le problème de notre système d'éducation, c'est avant tout celui des enseignants non remplacés faute d'effectifs, des postes supprimés, des classes surchargées, des surveillants et des conseillers d'éducation trop peu nombreux pour faire régner l'ordre, des psychologues scolaires, des Rased et des enseignants spécialisés qui disparaissent ou sont affectés à de multiples établissements en même temps, au risque de n'être présents nulle part.

Le problème dans l'avenir, ce sera de voir des bataillons entiers de jeunes enseignants, n'ayant bénéficié d'aucune formation, être envoyés, deux mois après avoir réussi des concours difficiles, exercer à plein temps dans les classes des établissements les plus difficiles.

Et pourquoi ? Pour économiser des crédits budgétaires et préserver le bouclier fiscal si cher à Nicolas Sarkozy.

C'est absurde, c'est proprement ubuesque et je ne vois vraiment pas en quoi des Etats-Généraux de la violence en milieu scolaire régleront la question. Ils ne seront sans doute qu'un nouvel écran de fumée, destiné à masquer le fait que le gouvernement saborde notre service public d'éducation.

BK
Par Bertrand Kern - Publié dans : Actualités
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Vendredi 19 février 2010 5 19 /02 /2010 16:04
“Nous en sommes à une enveloppe de plus de 500 millions d’euros aujourd’hui pour l’outre-mer, et ça me ferait mal de voir cette manne financière quitter la Guadeloupe au bénéfice de la Guyane, au bénéfice de la Réunion, au bénéfice de la Martinique et de me dire, enfant de la Guadeloupe, « je ne suis pas capable d'apporter quelque chose à mon pays, mais à quoi je sers ? ».”

Je cite ici Marie-Luce Penchard, secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer qui déclarait samedi dernier dans un meeting électoral aux Abymes, en Guadeloupe n' « avoir envie de servir qu'une population, la population de Guadeloupe ».

Selon moi, selon le Parti Socialiste, selon beaucoup de responsables politiques, ces propos sont graves, représentant une atteinte à la neutralité que l'on peut et que l'on doit attendre d'un ministre de la République. Marie-Luce Penchard, ministre de l'Outre-Mer et non du seul département de la Guadeloupe, affirme sa préférence pour l'île, insinuant même qu’elle est en train de monnayer sa fonction gouvernementale contre les voix des Guadeloupéens. Il s'agit d'un manquement à l'éthique la plus sommaire, qui laissera désormais planer un fort soupçon de partialité lors de chacun de ses déplacements dans le reste de l'Outre-Mer. Ce n'est ni acceptable, ni praticable.

Mais selon le gouvernement, il s'agit là d'une « petite polémique dérisoire ». Tout s'expliquerait par ce fameux contexte, toujours disposé à dédouaner les ministres de leurs dérapages, qu'il s'agisse des propos de Brice Hortefeux sur les « Auvergnats » ou de ceux de Nadine Morano dans le cadre du débat sur l'identité nationale.

Quel était en l'occurrence ce contexte, capable de transformer l'interprétation des propos de Marie-Luce Penchard ? Il s'agissait d'un meeting électoral de campagne en Guadeloupe en vue des élections régionales, Marie-Luce Penchard ayant fait le choix d'occuper la deuxième place sur la liste UMP locale.

En quoi ce contexte atténue-t-il en quoi que ce soit la gravité de ces propos ? Est-ce parce que les candidats UMP en campagne peuvent se sentir autorisés à user de tous les moyens pour séduire les électeurs ? Il est vrai que d'autres candidats UMP ont adopté cette attitude ces dernières semaines, à commencer par Valérie Pécresse en Ile-de-France. Mais, à ma connaissance, il ne s'agissait pas d'expliquer aux Franciliens que leurs universités seules bénéficieraient de crédits publics ....
Ou bien ce contexte est-il significatif parce que Marie-Luce Penchard a deux personnalités différentes, séparés par une barrière étanche selon les moments, les jours, les heures, selon qu'elle est secrétaire d'Etat ou responsable politique locale ? Je ne crois pas une seconde à ce dédoublement de personnalité inédit. Quand on est ministre, on est ministre partout et tout le temps.

Non, le contexte ne peut pas excuser les propos tenus par Marie-Luce Penchard. Au contraire, il me semble même confirmer et aggraver leur teneur, en les illustrant de fait par une candidature électorale, par une volonté d'exercer des fonctions électives en Guadeloupe, au moment même où elle est en charge de tout l'Outre-Mer.

Alors pour mettre fin aux soupçons de partialité et de clientélisme, une solution s'impose : sa démission.

BK
Par Bertrand Kern - Publié dans : Actualités
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Mardi 16 février 2010 2 16 /02 /2010 19:33
Depuis plusieurs semaines, des situations de non-remplacement d'enseignants se généralisent en Seine-Saint-Denis et plus particulièrement à Pantin. Dans l'ensemble des écoles de notre ville, ce sont 13 enseignants qui ne sont pas remplacés.

Cette situation est scandaleuse et produit de fait des inégalités flagrantes dans l'accès au service public de l'Education. Aujourd'hui, en France, que l'on soit en Seine-Saint-Denis ou dans les Hauts-de-Seine, chaque enfant ne bénéficie pas des mêmes conditions de scolarité.

Des parents d'élèves pantinois ont fait le choix de porter plainte contre le Ministre de l'Education nationale Luc Chatel pour « faute grave d'organisation du service public de l'Education », je soutiens entièrement cette démarche.

Dans un courrier adressé le 1er février dernier, j'ai moi-même pu exprimer à ce sujet ma plus vive inquiétude à Daniel Auverlot, Inspecteur d'Académie et je lui ai demandé de prendre dans les plus brefs délais des mesures d'urgence pour remédier à cette situation.

Aujourd'hui, l'Etat reste sourd et continue à mener une politique purement comptable dans la gestion de ses effectifs. Une situation qui sera intenable à terme. Comment pourrait-il en être autrement avec plus de 40 000 postes supprimés dans l'Education nationale depuis 2008 ?

BK
Par Bertrand Kern - Publié dans : A Pantin et en Seine-Saint-Denis
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Vendredi 12 février 2010 5 12 /02 /2010 08:35
Il y a quelques semaines, les hommages se multipliaient légitimement à l'égard de Philippe Séguin, président de la Cour des Comptes disparu prématurément.
Mais à mon sens, le plus beau et le plus utile des hommages que pourrait lui rendre aujourd'hui le gouvernement serait de tenir compte du rapport annuel publié mardi dernier par la Cour des Comptes, le dernier à porter la marque de Séguin, qui s'avère accablant pour l'Elysée et Matignon.

Ce rapport, que chacun peut consulter en ligne (http://www.ccomptes.fr/fr/CC/Theme-200.html), pointe en effet la responsabilité du gouvernement dans l'aggravation inédite des déficits publics survenue au cours de l'exercice budgétaire 2009, atteignant 8,2 % de la richesse nationale.
Alors que le gouvernement se dédouane publiquement en attribuant à la crise l'entière responsabilité de ce gouffre budgétaire, la Cour des Comptes considère que seule la moitié du déficit 2009 peut être imputée à la récession, l'autre moitié se révélant être le fruit d'une mauvaise gestion. En cause, la création de nouvelles niches fiscales et sociales, entraînant cette année encore pour l'Etat et les régimes sociaux d'importantes pertes de recettes non compensées. Mais sont aussi en cause des baisses d'impôts pérennes, telle que la réduction du taux de TVA dans la restauration ou la suppression de la taxe professionnelle. Il s'agit là de décisions dites discrétionnaires, résultant de choix ministériels et n'ayant rien à voir avec la crise et ses impacts sur le budget de l'Etat.
En somme, par ses choix, par sa gestion, le gouvernement a aggravé la situation financière de l'Etat en se privant de recettes présentes et à venir, pour honorer des promesses de campagne ou offrir des avantages fiscaux aux entreprises et aux ménages aisés.

Je note avec satisfaction que selon la Cour des Comptes, il est aujourd'hui indispensable d'apporter une réponse complète au dérapage des finances publiques françaises si l'on souhaite parvenir dans l'avenir à leur redressement. Une réponse complète signifie mettre sur la table toutes les options et en particulier celle d'une augmentation des recettes de l'Etat, alors que le gouvernement s'y refuse, préférant faire le choix exclusif d'une réduction des dépenses publiques.

Naturellement, les options disponibles pour augmenter les recettes de l'Etat ne sont pas populaires parmi les électeurs UMP et ne correspondent pas au credo libéral de Nicolas Sarkozy. Il s'agit en effet de mettre un terme aux politiques de baisses d'impôt et en particulier au bouclier fiscal. Il s'agit de supprimer les niches fiscales qui limitent l'impôt des plus aisés. Il s'agit enfin de remettre en question un certain nombre d'exonérations de charge ( les niches sociales) offrant de formidables effets d'aubaine aux entrepreneurs, sans que l'on soit certain de leur efficacité en termes de créations d'emploi. Selon la Cour des Comptes, les niches fiscales et sociales représentent pour l'Etat une perte annuelle de 140 milliards d'euros !
Se priver, année après année, de tout ou partie de cette manne financière me paraît impossible, si l'on souhaite, comme le professe le gouvernement, ramener les finances publiques vers l'équilibre dans un avenir prochain.

Je suis d'accord avec le gouvernement quant au fait que nos finances publiques sont en très mauvaise posture. Qui pourrait nier ce diagnostic ? Mais je m'oppose à l'idée que la seule solution consiste à poursuivre tête baissée dans la voie imposée par Nicolas Sarkozy, celle de coupes sombres opérées année après année dans les moyens du service public, réduisant sa présence, sa qualité et son efficacité. C'est cette politique qui amène les établissements scolaires à manquer de surveillants et d'enseignants, avec pour résultat des drames humains. C'est cette politique qui conduit Pôle Emploi à ne pas pouvoir faire face à la hausse du chômage en engageant de nouveaux agents, alors que chaque conseiller est aujourd'hui amené àgérer plus de 280 dossiers en même temps. Et c'est cette politique qui, malgré ses conséquences dans le quotidien des Français, n'empêche pas l'augmentation des déficits.

Il est de plus en plus clair que le gouvernement prépare un plan de rigueur, qu'il n'annoncera qu'après les élections régionales. Je regrette que ce plan soit nécessaire pour rattraper des années de mauvaise gestion. Mais je regrette surtout que le gouvernement se refuse à ouvrir un grand débat, à considérer sincèrement toutes les solutions envisageables et à les exposer de manière lisible aux Français.

BK
Par Bertrand Kern - Publié dans : Actualités
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Mercredi 10 février 2010 3 10 /02 /2010 17:48
Bonjour,

Je suis intervenu  dans le 12-14 de France Info hier midi. Intervention sur les atouts de la Seine-Saint-Denis.

Bonne écoute.

BK



Par Bertrand Kern - Publié dans : Les médias en parlent
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