Aujourd'hui, le 8 mai signifie week-end, pont voire "viaduc" de mai ou l'on profite des premiers rayons de soleil printanier. On oublie souvent
qu'entre 1939 et 1945, les régimes nazis allemands, facistes italiens et imperiaux japonais ont causé la mort de plus de 20 millions de combattants et de 30 millions de civils...
Depuis mon élection à la mairie en 2001, je n'ai jamais manqué une commémoration. Je suis en effet très attaché à ce que le travail de mémoire se fasse chaque année. Au delà du traditionnel dépot de gerbe au monument aux morts, la ville de pantin a toujours soutenu les initiatives allant dans ce sens.
Il en a été ainsi pour le voyage de lycéens pantinois à AUSCHWITZ, pour une exposition sur la résistance, pour la pose d'une plaque commémorant la déportation d'enfants juifs pantinois et pour la dénomination d'un lycée pantinois "Lucie Aubrac". Une ville et ses élus se doivent de faire ce travail de mémoire. Je réfléchis d'ailleurs à une initiative dans le cadre de la journée commémorant l'abolition de l'esclavage. Car le travail de mémoire doit être complet et rien ne serait pire que de faire l'impasse sur une partie de l'histoire de notre pays et du monde.
L'horreur de la guerre et de l'asservissement des hommes par d'autres hommes au nom d' une idéologie abjecte doivent être combattu. Et comme le dit une plaque sur le mur de la gare de Pantin d'où est parti le dernier train de résistants et de juifs vers les camps de la mort en Août 1944, "PASSANT N'OUBLIE JAMAIS!".
BK
Depuis mon élection à la mairie en 2001, je n'ai jamais manqué une commémoration. Je suis en effet très attaché à ce que le travail de mémoire se fasse chaque année. Au delà du traditionnel dépot de gerbe au monument aux morts, la ville de pantin a toujours soutenu les initiatives allant dans ce sens.
Il en a été ainsi pour le voyage de lycéens pantinois à AUSCHWITZ, pour une exposition sur la résistance, pour la pose d'une plaque commémorant la déportation d'enfants juifs pantinois et pour la dénomination d'un lycée pantinois "Lucie Aubrac". Une ville et ses élus se doivent de faire ce travail de mémoire. Je réfléchis d'ailleurs à une initiative dans le cadre de la journée commémorant l'abolition de l'esclavage. Car le travail de mémoire doit être complet et rien ne serait pire que de faire l'impasse sur une partie de l'histoire de notre pays et du monde.
L'horreur de la guerre et de l'asservissement des hommes par d'autres hommes au nom d' une idéologie abjecte doivent être combattu. Et comme le dit une plaque sur le mur de la gare de Pantin d'où est parti le dernier train de résistants et de juifs vers les camps de la mort en Août 1944, "PASSANT N'OUBLIE JAMAIS!".
BK
par Bertrand Kern
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Actualités
Et revoilà le service minimum d'accueil dans les écoles, outil choisi par le gouvernement pour contrer les mobilisations enseignantes. Xavier
Darcos a fait savoir samedi qu'il souhaite expérimenter pour la deuxième fois ce dispositif lors de la journée de grève du 15 mai, en dépit de l'échec d'une première tentative en janvier
dernier.
Rappelons en quoi consiste ce service minimum : les jours de grève des enseignants, les communes organiseraient l'accueil des enfants par des agents territoriaux. Si l'objectif affiché est de simplifier la vie des parents d'élèves, l'objectif réel du gouvernement est d'opposer usagers et grévistes, tout en utilisant des agents de la Fonction publique territoriale pour casser la grève d'agents de la Fonction publique d'Etat.
Cette stratégie est inacceptable et le service minimum ne sera donc pas mis en place dans les écoles de Pantin.
Si Xavier Darcos souhaite éviter les grèves, la meilleure solution est encore de négocier avec les enseignants, lycéens et parents d'élèves. Ils les a mobilisés contre lui par ses décisions, c'est à lui d'éteindre l'incendie.
BK
Rappelons en quoi consiste ce service minimum : les jours de grève des enseignants, les communes organiseraient l'accueil des enfants par des agents territoriaux. Si l'objectif affiché est de simplifier la vie des parents d'élèves, l'objectif réel du gouvernement est d'opposer usagers et grévistes, tout en utilisant des agents de la Fonction publique territoriale pour casser la grève d'agents de la Fonction publique d'Etat.
Cette stratégie est inacceptable et le service minimum ne sera donc pas mis en place dans les écoles de Pantin.
Si Xavier Darcos souhaite éviter les grèves, la meilleure solution est encore de négocier avec les enseignants, lycéens et parents d'élèves. Ils les a mobilisés contre lui par ses décisions, c'est à lui d'éteindre l'incendie.
BK
par Bertrand Kern
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A Pantin et en Seine-Saint-Denis
Le Parisien. Samedi 3 mai 2008. par Marie-Pierre Bologna
Frappés d'un arrêté de péril depuis dix ans, deux immeubles de la rue Berthier, dans le quartier des Quatre-Chemins à Pantin, viennent d'être rasés. Le premier, situé au n° 11, a été démoli février et le second, qui le jouxtait, un mois plus tard. Pour la ville, c'est enfin la concrétisation du plan de lutte contre l'habitat insalubre – estimé à près d'un millier de logements sur Pantin.
La ville s'emploie soit à les racheter pour démolir et reconstruire, soit à encourager les réhabilitations. Un trou béant remplace désormais les deux petits immeubles où, l'an dernier encore, des familles louaient à prix d'or un logement, tel ce studio sombre, humide et insalubre, au fond du rez-de-chaussée, sans toilettes, avec une douche improvisée entre le lit et un frigo et à peine la place pour une table basse. L'entrée était entièrement étayée. Les locataires, pour la plupart sans papiers, n'avaient pas d'autre solution. Du fait de leur situation irrégulière, ils n'avaient pu trouver un logement ailleurs.
47 millions d'euros au total pour les Quatre-Chemins
A l'automne dernier, le conseil municipal s'est engagé à aider les locataires de bonne foi à se reloger dans le parc social. Une soixantaine d'entre eux – vivant dans les deux bâtiments de la rue Berthier et dans un immeuble voisin qui a été muré -- ont d'ores et déjà été relogés ailleurs dans la ville. D'autres sont chez des amis. D'autres encore ont disparu. « Au total, d'ici à trois ans, il faut que nous ayons relogé quelque 175 familles », estime la maire (PS) Bertrand Kern. En tout, il reste un peu plus de 400 logements insalubres à éradiquer aux Quatre-Chemins et près de 500 dans le quartier des 7-Arpents près du Pré-Saint-Gervais. « Nous étudions les procédures pour accélérer la manoeuvre. Ça coûte une fortune. Mais la ville, avec les aides, mettra le prix qu'il faudra. Pour la plupart, les propriétaires sont des marchands de sommeil ! » s'emporte le maire.
La municipalité a été freinée notamment par plusieurs recours déposés par des propriétaires refusant de vendre. Il y deux ans, l'un d'entre eux a gagné devant les tribunaux sur un vice de forme.
« C'est autant de temps perdu », déplore l'édile, qui aimerait arriver au rythme d'un dossier bouclé par an. C'est-à-dire démolition, reconstruction et relogement. « Pour les immeubles vides frappés de péril, je les ai fait murer », poursuit le maire. Dans les autres, pourtant dangereux, des familles résident toujours. Le coût de l'opération globale (rachat, démolition, reconstruction, relogement) pour les seuls Quatre Chemins, dans le cadre de l'opération de renouvellement urbain, 47 millions d'euros.
CLES :
- 340 logements à démolir aux Quatre-Chemins.
- 70 appartements à réhabiliter sont également situés aux Quatre-Chemins.
- 538 appartements seront reconstruits aux Quatre-Chemins : 445 dans le social, 36 dans le privé et 57 en accession à la propriété.
- 47 millions d'euros : coût de l'opération aux Quatre-Chemins, qui comprend la démolition, la reconstruction et le relogement, répartis entre trois principales sources de financement (12 % sont pris en charge par la région, 16 % par la ville, 28 % par l'Etat via l'ANRU et 37,5 % par les bailleurs) Au total, l'enveloppe de l'ANRU pour le réaménagement du quartier des Quatre-Chemins est de 60 millions d'euros.
- 175 familles à reloger d'ici à trois ans.
- 486 logements en OPAH (opération programmée d'amélioration de l'habitat) sont situés aux 7-Arpents.
Frappés d'un arrêté de péril depuis dix ans, deux immeubles de la rue Berthier, dans le quartier des Quatre-Chemins à Pantin, viennent d'être rasés. Le premier, situé au n° 11, a été démoli février et le second, qui le jouxtait, un mois plus tard. Pour la ville, c'est enfin la concrétisation du plan de lutte contre l'habitat insalubre – estimé à près d'un millier de logements sur Pantin.
La ville s'emploie soit à les racheter pour démolir et reconstruire, soit à encourager les réhabilitations. Un trou béant remplace désormais les deux petits immeubles où, l'an dernier encore, des familles louaient à prix d'or un logement, tel ce studio sombre, humide et insalubre, au fond du rez-de-chaussée, sans toilettes, avec une douche improvisée entre le lit et un frigo et à peine la place pour une table basse. L'entrée était entièrement étayée. Les locataires, pour la plupart sans papiers, n'avaient pas d'autre solution. Du fait de leur situation irrégulière, ils n'avaient pu trouver un logement ailleurs.
47 millions d'euros au total pour les Quatre-Chemins
A l'automne dernier, le conseil municipal s'est engagé à aider les locataires de bonne foi à se reloger dans le parc social. Une soixantaine d'entre eux – vivant dans les deux bâtiments de la rue Berthier et dans un immeuble voisin qui a été muré -- ont d'ores et déjà été relogés ailleurs dans la ville. D'autres sont chez des amis. D'autres encore ont disparu. « Au total, d'ici à trois ans, il faut que nous ayons relogé quelque 175 familles », estime la maire (PS) Bertrand Kern. En tout, il reste un peu plus de 400 logements insalubres à éradiquer aux Quatre-Chemins et près de 500 dans le quartier des 7-Arpents près du Pré-Saint-Gervais. « Nous étudions les procédures pour accélérer la manoeuvre. Ça coûte une fortune. Mais la ville, avec les aides, mettra le prix qu'il faudra. Pour la plupart, les propriétaires sont des marchands de sommeil ! » s'emporte le maire.
La municipalité a été freinée notamment par plusieurs recours déposés par des propriétaires refusant de vendre. Il y deux ans, l'un d'entre eux a gagné devant les tribunaux sur un vice de forme.
« C'est autant de temps perdu », déplore l'édile, qui aimerait arriver au rythme d'un dossier bouclé par an. C'est-à-dire démolition, reconstruction et relogement. « Pour les immeubles vides frappés de péril, je les ai fait murer », poursuit le maire. Dans les autres, pourtant dangereux, des familles résident toujours. Le coût de l'opération globale (rachat, démolition, reconstruction, relogement) pour les seuls Quatre Chemins, dans le cadre de l'opération de renouvellement urbain, 47 millions d'euros.
CLES :
- 340 logements à démolir aux Quatre-Chemins.
- 70 appartements à réhabiliter sont également situés aux Quatre-Chemins.
- 538 appartements seront reconstruits aux Quatre-Chemins : 445 dans le social, 36 dans le privé et 57 en accession à la propriété.
- 47 millions d'euros : coût de l'opération aux Quatre-Chemins, qui comprend la démolition, la reconstruction et le relogement, répartis entre trois principales sources de financement (12 % sont pris en charge par la région, 16 % par la ville, 28 % par l'Etat via l'ANRU et 37,5 % par les bailleurs) Au total, l'enveloppe de l'ANRU pour le réaménagement du quartier des Quatre-Chemins est de 60 millions d'euros.
- 175 familles à reloger d'ici à trois ans.
- 486 logements en OPAH (opération programmée d'amélioration de l'habitat) sont situés aux 7-Arpents.
par Bertrand Kern
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Les médias en parlent
Pour la deuxième année consécutive, la rentrée scolaire de septembre est la source d'une inquiétude et d'une indignation légitimes parmi les
enseignants, les parents d'élève et les élèves de l'Education Nationale.
Alors que la rentrée 2007 a vu la suppression de 11000 postes, 11200 nouvelles suppressions sont annoncées pour 2008, dans le cadre de l'objectif gouvernemental de réduction des effectifs de fonctionnaires.
Bien qu'il se refuse toujours à employer le terme de rigueur, le gouvernement a manifestement fait son choix, face à deux priorités en conflit : la priorité donné au dossier éducatif ou la volonté de parvenir à des économies budgétaires.
Cet arbitrage, malheureusement loin d'être inattendu, met en péril la mission de service public que remplit l'Education Nationale.
Le ministère le justifie comme l'adaptation à une évolution démographique du nombre des élèves inscrits dans nos écoles, collèges et lycées. Pour justifier un tel nombre de suppressions, l'argument semble contestable et s'avère d'ailleurs largement contesté par les syndicats enseignants.
Que des ajustements ponctuels soient nécessaires est une évidence. Mais il ne s'agit pas de cela ici, lorsque l'on demande aux enseignants de faire mieux avec toujours moins d'effectifs, lorsqu'on fait ensuite massivement appel à des contractuels, maîtres auxiliaires précarisés et non formés ou listes complémentaires du concours de l'IUFM. Les heures supplémentaires ne sont pas davantage une solution systématique, dans un contexte qui ne se prête pas à leur généralisation ou à leur massification. Et que dire lorsqu' on en arrive a solliciter le retour à l'emploi de jeunes retraités, comme cela a été le cas en février dans l'Académie de Créteil ou aujourd'hui dans celle d'Ille-et-Vilaine...
Maire de Pantin, je connais le caractère crucial du rôle joué par le service public d'éducation pour offrir un avenir à des jeunes à qui la vie n'a pas toujours souri. Je connais les difficultés innombrables auxquelles sont confrontés les enseignants, qui pourtant jouent un rôle décisif dans la construction et le maintien d'un vivre-ensemble, rôle qui étend ses effets au delà des murs de l'établissement scolaire.
Choisir de calibrer les moyens et les effectifs au plus juste n'est pas la solution. L'école n'est pas une entreprise soumise à l'impératif de productivité le plus basique. L'école a besoin de temps, de disponibilité et d'un climat de calme et de confiance, où les enseignants ne commencent pas à se demander dès janvier quelle sera l'étendue de la dégradation de leurs conditions de travail l'année suivante.
C'est pourquoi j'apporte mon soutien franc et massif aux mouvements de contestation qui voient le jour actuellement, à Pantin, en Seine-Saint-Denis et dans toute la France. Il est crucial que le gouvernement entende leurs revendications et ne privilégie pas une stratégie de passage en force, mu par son hostilité idéologique aux agents de la Fonction Publique et par la nécessité de rattraper les choix budgétaires désastreux de l'été dernier.
L'école publique est l'outil majeur dont nous disposons pour construire l'avenir, quelle que soit l'estime que voue Nicolas Sarkozy aux curés. Il est inacceptable que l'avenir soit sacrifié sur l'autel d'une rigueur qui ne dit pas son nom, pour compenser les cadeaux distribués l'été dernier à ceux dont l'avenir est déjà soyeux.
BK
Alors que la rentrée 2007 a vu la suppression de 11000 postes, 11200 nouvelles suppressions sont annoncées pour 2008, dans le cadre de l'objectif gouvernemental de réduction des effectifs de fonctionnaires.
Bien qu'il se refuse toujours à employer le terme de rigueur, le gouvernement a manifestement fait son choix, face à deux priorités en conflit : la priorité donné au dossier éducatif ou la volonté de parvenir à des économies budgétaires.
Cet arbitrage, malheureusement loin d'être inattendu, met en péril la mission de service public que remplit l'Education Nationale.
Le ministère le justifie comme l'adaptation à une évolution démographique du nombre des élèves inscrits dans nos écoles, collèges et lycées. Pour justifier un tel nombre de suppressions, l'argument semble contestable et s'avère d'ailleurs largement contesté par les syndicats enseignants.
Que des ajustements ponctuels soient nécessaires est une évidence. Mais il ne s'agit pas de cela ici, lorsque l'on demande aux enseignants de faire mieux avec toujours moins d'effectifs, lorsqu'on fait ensuite massivement appel à des contractuels, maîtres auxiliaires précarisés et non formés ou listes complémentaires du concours de l'IUFM. Les heures supplémentaires ne sont pas davantage une solution systématique, dans un contexte qui ne se prête pas à leur généralisation ou à leur massification. Et que dire lorsqu' on en arrive a solliciter le retour à l'emploi de jeunes retraités, comme cela a été le cas en février dans l'Académie de Créteil ou aujourd'hui dans celle d'Ille-et-Vilaine...
Maire de Pantin, je connais le caractère crucial du rôle joué par le service public d'éducation pour offrir un avenir à des jeunes à qui la vie n'a pas toujours souri. Je connais les difficultés innombrables auxquelles sont confrontés les enseignants, qui pourtant jouent un rôle décisif dans la construction et le maintien d'un vivre-ensemble, rôle qui étend ses effets au delà des murs de l'établissement scolaire.
Choisir de calibrer les moyens et les effectifs au plus juste n'est pas la solution. L'école n'est pas une entreprise soumise à l'impératif de productivité le plus basique. L'école a besoin de temps, de disponibilité et d'un climat de calme et de confiance, où les enseignants ne commencent pas à se demander dès janvier quelle sera l'étendue de la dégradation de leurs conditions de travail l'année suivante.
C'est pourquoi j'apporte mon soutien franc et massif aux mouvements de contestation qui voient le jour actuellement, à Pantin, en Seine-Saint-Denis et dans toute la France. Il est crucial que le gouvernement entende leurs revendications et ne privilégie pas une stratégie de passage en force, mu par son hostilité idéologique aux agents de la Fonction Publique et par la nécessité de rattraper les choix budgétaires désastreux de l'été dernier.
L'école publique est l'outil majeur dont nous disposons pour construire l'avenir, quelle que soit l'estime que voue Nicolas Sarkozy aux curés. Il est inacceptable que l'avenir soit sacrifié sur l'autel d'une rigueur qui ne dit pas son nom, pour compenser les cadeaux distribués l'été dernier à ceux dont l'avenir est déjà soyeux.
BK
par Bertrand Kern
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Actualités
Pour tous ceux qui souhaitent une alternance à Washington, au terme de deux mandats républicains aux conséquences lourdes, les primaires
démocrates américaines sont à la fois excitantes et source d'appréhension.
Les deux sentiments naissent de l'incapacité du parti démocrate à trancher entre deux candidats de qualité, qui incarnent, chacun à leur manière, les évolutions de la société américaine. Leurs programmes sont très proches et c'est avant tout un choix de personne qui se pose aux militants démocrates. Choix qui, depuis la victoire confortable de Hillary Clinton sur Barack Obama en Pennsylvanie, ne semble pas pouvoir être finalisé avant la convention démocrate de Denver, fin août. Les « superdélégués » démocrates y auront le dernier mot. Barack Obama a en effet remporté plus d'États mais Hillary Clinton a connu ses succès dans les États les plus peuplés du pays. Et aucun des deux ne pourra obtenir une majorité absolue de délégués au terme des primaires.
Ces primaires interminables sont excitantes dans la mesure où l'Amérique, pays dont les citoyens se déplacent peu dans les bureaux de vote, se passionne pour un processus démocratique au long cours. Quand un processus démocratique mobilise et intéresse, c'est toujours une bonne chose.
Pour autant, la dimension personnelle de cet affrontement politique incite aussi à l'appréhension, voire à l'inquiétude. Les débats houleux, les attaques personnelles se multiplient, ce qui fait l'affaire des rivaux républicains, bien heureux de laisser leurs adversaires s'entre-déchirer. L'irritation monte entre militants démocrates. Elle laissera des traces durables.
Et puis, pendant ces primaires, la campagne réelle reste en suspens, elle qui consistera à convaincre les électeurs américains du bien-fondé d'une alternance, de la nécessité de choix différents aussi bien sur le plan domestique qu'en termes de politique internationale et de diplomatie. Car pendant que les primaires démocrates s'éternisent, John McCain, désigné candidat républicain, fait campagne. Il se positionne pour récupérer les déçus de l'un ou l'autre camp démocrate. Il prend le temps de construire son image.
J'espère vivement que ce retard qui s'accumule ne sera pas pénalisant et que les espoirs suscités par deux belles candidatures démocrates se traduiront en une campagne nationale efficace, propre à donner aux États-Unis un président démocrate.
BK
Les deux sentiments naissent de l'incapacité du parti démocrate à trancher entre deux candidats de qualité, qui incarnent, chacun à leur manière, les évolutions de la société américaine. Leurs programmes sont très proches et c'est avant tout un choix de personne qui se pose aux militants démocrates. Choix qui, depuis la victoire confortable de Hillary Clinton sur Barack Obama en Pennsylvanie, ne semble pas pouvoir être finalisé avant la convention démocrate de Denver, fin août. Les « superdélégués » démocrates y auront le dernier mot. Barack Obama a en effet remporté plus d'États mais Hillary Clinton a connu ses succès dans les États les plus peuplés du pays. Et aucun des deux ne pourra obtenir une majorité absolue de délégués au terme des primaires.
Ces primaires interminables sont excitantes dans la mesure où l'Amérique, pays dont les citoyens se déplacent peu dans les bureaux de vote, se passionne pour un processus démocratique au long cours. Quand un processus démocratique mobilise et intéresse, c'est toujours une bonne chose.
Pour autant, la dimension personnelle de cet affrontement politique incite aussi à l'appréhension, voire à l'inquiétude. Les débats houleux, les attaques personnelles se multiplient, ce qui fait l'affaire des rivaux républicains, bien heureux de laisser leurs adversaires s'entre-déchirer. L'irritation monte entre militants démocrates. Elle laissera des traces durables.
Et puis, pendant ces primaires, la campagne réelle reste en suspens, elle qui consistera à convaincre les électeurs américains du bien-fondé d'une alternance, de la nécessité de choix différents aussi bien sur le plan domestique qu'en termes de politique internationale et de diplomatie. Car pendant que les primaires démocrates s'éternisent, John McCain, désigné candidat républicain, fait campagne. Il se positionne pour récupérer les déçus de l'un ou l'autre camp démocrate. Il prend le temps de construire son image.
J'espère vivement que ce retard qui s'accumule ne sera pas pénalisant et que les espoirs suscités par deux belles candidatures démocrates se traduiront en une campagne nationale efficace, propre à donner aux États-Unis un président démocrate.
BK
par Bertrand Kern
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